La chaussure est la pièce où la différence entre une grande série et une création se voit le plus vite. Pas à l’achat, où tout se ressemble sur une photo, mais après une saison de portage. C’est là que le cuir prend une patine ou se craquelle, que la forme tient ou s’affaisse.
Cette saison, quatre formes reviennent dans nos boutiques. Les voici, avec les créateurs qui les signent et la façon dont nous conseillons de les choisir.
1. Le mocassin, la forme la plus utile du vestiaire
C’est la chaussure qui résout le plus de situations. Elle passe d’une tenue de bureau à un jean du week-end sans changer de registre, et elle se porte pieds nus l’été comme avec une chaussette fine l’hiver.
Toral en est la référence chez nous, avec un travail du cuir et des finitions qui se remarquent sur le contrefort et la semelle. La bonne question à se poser n’est pas la couleur mais la souplesse de la semelle, parce qu’un mocassin trop rigide ne se porte jamais.
Voir notre sélection de mocassins.
2. La sandale en cuir, le savoir-faire avant le nom
Sur la sandale plate, la signature compte moins que l’atelier. K.Jacques fabrique à Saint-Tropez depuis 1933, et c’est ce qui explique qu’une paire se garde dix étés là où une sandale de grande série passe une saison.
Le repère à regarder, c’est le cuir de la première de propreté, qui doit se patiner et épouser le pied plutôt que rester lisse. Une sandale qui ne marque pas au bout d’un été n’a pas la bonne peau.
À découvrir dans nos sandales et nos sandales plates.
3. L’escarpin et la bottine à talon, la question de la hauteur
Senso travaille ce terrain avec des talons architecturés, souvent plus larges qu’ils n’en ont l’air, ce qui change tout sur la tenue d’une journée. Le talon bobine et le talon carré ont largement remplacé l’aiguille, et c’est une bonne nouvelle pour qui marche.
Notre conseil, choisir la hauteur en fonction du nombre d’heures de portage réel, pas de l’allure sur la photo. Cinq centimètres portés toute une journée valent mieux que neuf centimètres retirés à 18 heures.
Voir les talons et les bottines.
4. La botte et la santiag, l’investissement de saison
C’est la paire qui coûte le plus cher et qui se porte le plus. Isabel Marant a installé la santiag dans le vestiaire quotidien, et la forme ne bouge plus depuis plusieurs saisons, ce qui en fait un achat raisonnable malgré le prix.
Le point à vérifier est la tige, sa hauteur et sa largeur au mollet, parce que c’est là que se joue le confort et l’allure, bien plus que sur le bout.
Voir nos bottes et nos santiags.
Ce qui distingue vraiment une chaussure de créateur
Trois éléments se vérifient, et aucun ne dépend du nom inscrit sur la semelle.
- Le cuir. Une belle peau prend une patine, un cuir corrigé se craquelle. La différence n’apparaît pas en boutique, elle apparaît après un hiver.
- Le montage. Cousu plutôt que collé sur les meilleures pièces, ce qui autorise un ressemelage et double la durée de vie.
- Le parti pris de forme. Un créateur assume une ligne, une hauteur, un bout. La grande série cherche à ne déplaire à personne, et c’est pour cela que rien n’y marque.
Choisir sa pointure sans se tromper
C’est le vrai obstacle de l’achat de chaussures en ligne. Les créateurs ne taillent pas tous pareil, et l’écart entre une chaussure italienne et une chaussure espagnole peut atteindre une demi-pointure.
La méthode qui marche, essayer en boutique une première paire d’un créateur, puis commander en ligne ensuite en connaissant sa taille chez lui. À défaut, partir de la longueur de pied en centimètres plutôt que de la pointure habituelle, et privilégier les formes qui pardonnent, mocassin et sandale à bride réglable.
Nos équipes en boutique sont là pour ça, et c’est souvent le meilleur moyen de ne pas se tromper sur une pièce qu’on garde longtemps.
Notre façon de choisir une paire
Nous partons toujours de la même question, dans quelles occasions allez-vous la porter et combien d’heures d’affilée. La réponse décide de la hauteur, de la forme et de la matière, dans cet ordre. Le créateur vient ensuite, selon votre goût.
C’est le même raisonnement que celui qui guide la construction d’une garde-robe capsule, partir de ce que vous portez vraiment plutôt que de ce qu’il faudrait avoir.
Notre rayon chaussures réunit plus de deux mille paires, du mocassin à la santiag, signées par une vingtaine de créateurs que nous suivons parfois depuis leurs débuts.
© Lulli sur la Toile